Bienvenue à Olide.


 
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 Au commencement.

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MessageSujet: Au commencement.    Ven 25 Mai - 10:52

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Chroniques de

Last Exile
© Never-Utopia



10 juin 2125


Rien de tout ce qui est arrivé, rien de ce que j'ai fait, dit et pensé n'échappe à ma mémoire. Cette nuit encore, j'admire l'étendue de mon oeuvre. Je suis assez à moi pour contempler avec autant de vanité que de volupté mon triomphe et pour tirer de là de quoi le redoubler.

J'avance, jouissant de la splendeur de ma ville. Les rues se succèdent, tristes, et inquiétantes. Les citadins ont délaissé les braseros pour leur logis poussiéreux et humides. Parfois je m'arrête, j'observe et surtout, j'écoute. Je perçois trop aisément les cliquètements du loquet des serrures, la rumeur monocorde de courts dialogues gonflés de perspectives.

Mes enfants me font tant sourire. Oui, mes enfants, ces hommes, ces femmes, ces rescapés de la Chute. Ces fous qui m'ont applaudi, ovationné, déifié. Les imbéciles. Pouvez-vous entrevoir leurs songes ? Tous se peuplent de doigts raidis essayant vainement d'agripper le peu de vie qu'il reste ici. Je les hais, nous les haïssons. Nous voudrions tant assister à leur lente agonie... Nous nous le permettons, en de rares occasions, mais nous savons bien que leur fin engendrerait la nôtre. Eux ne désirent que ce qu'on leur a promis. Ils attendent l'épanouissement, l'euphorie, la vie. La raison n'est plus personnelle, tous poursuivent un objectif commun: survivre. Et moi, je suis prêt à leur offrir de quoi survivre.

Rêver au futur, un futur que je leur permets d'entrevoir, de toucher. Le monde entier est devenu un bagne et Dieu sait que personne ne veut vivre ici bas. Au lendemain de la Chute j'ai aimé à contempler cette population en péril, je me rappelle, les groupes se formant sur les trottoirs, les hommes et les femmes chaque jour moins nombreux. Les yeux éteints, tous pensaient à ces effroyables visages qui hantaient sans cesse leurs nuits. Visions atroces de massacres orchestrés par les plus endurcis. Des femmes, des enfants, les plus faibles, les plus lents et surtout ceux qui ne pouvaient plus guère se montrer utiles. Trop nombreux sont ceux qui ont cédé à l'anthropophagie. En cela sommes-nous peut-être semblables.

C'est là que j'ai choisi, et peut-être plus intelligemment, de leur accorder la vie car oui, que serions-nous donc, sans eux ? Ma priorité alors se révéla sous ce jour: permettre à la race humaine de subsister. Rien de plus simple à dire vrai que de les aveugler. Je ne pense jamais à cela sans sentir combien les jugements fondés sur l'apparence, auxquels le vulgaire donne tant de poids, et combien souvent l'audace et la fierté sont du côté du coupable, la honte et l'embarras du côté de l'innocent.

Pauvres âmes ! J'ai rassemblé les brebis égarées pour mieux régner. Aujourd'hui, captifs d'un monde empreint de fausseté, il ne leur est plus possible de reculer. Jamais si douce jouissance ne s'est offerte à mon coeur et à mon âme immortelle qu'en cet instant. Bienvenue à Olide...


Roderich Keller - Haut Dirigeant de la cité d'Olide.



Dernière édition par Factotum le Jeu 28 Fév - 19:23, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Au commencement.    Lun 28 Mai - 11:37


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C'est une palette de gris, de brun et de noir qui s'étend à présent sur le monde. Trop peu de choses vivent aujourd'hui sur ces terres, pas un chant d'oiseau ne fait vibrer l'air mais il faut expliquer, en de plus simples termes, l'origine de ce mal. Il fut une époque bien plus propice à la vie. Autrefois, les hommes regardaient leurs enfants s'épanouir, se rire de l'avenir sans jamais l'appréhender. Tous menaient leurs existences puériles, alliant à merveille travail et situation stable, ignorant les dommages naissants. Aveugles, individualistes, ils pensaient être en sécurité, ils se sont trompés.

En ces temps reculés, le contraste entre l'extrême richesse et l'extrême pauvreté était atterrant mais les hommes n'y prêtaient attention. L'abîme se creusait, la terre commençait à se dérober sous leurs pieds, ils ne voyaient rien, ils n'entendaient rien. Les querelles alors, ont commencé. Les dernières gouttes d'or noir avaient été dilapidées. Mis à sec, les puits de trésor, comme cela faisait longtemps qu'on le redoutait ! Les voitures, bus, avions, bateaux, tous devenus épaves inutiles jonchaient les rues et les ports, encombrant, vieillissant, rêvant à leurs temps de gloire dans la rouille et la tôle. Tous les gouvernements songèrent alors à l'emploi d'énergies neuves, à préserver cette Terre déjà trop souillée par la main de l'homme, l'innovation sonnait partout mais dans les idées seulement. Nul désir d'évolution n'habitait ces êtres, le profit, les gains qui pouvaient être tirés de ces nouveaux marchés corrompaient encore bien trop les esprits. Les grands pays que l'homme connaissait jadis se disputaient les moindres restes et il ne fut guère possible de satisfaire tout le monde. Les négociations alors, prirent fin, et ce fut la guerre qui l'emporta.

Les hommes oublièrent une fois encore ce qui faisait d'eux des êtres humains et se livrèrent à la bestialité avec autant de sauvagerie que s'il s'était s'agit d'un dîner aux Enfers. Car la fourberie et la trahison régnaient en maîtres au sein de ces castes supérieures qui du bout des doigts commandèrent par quelques touches la destruction et la mort ; l'on avait donné à l'Homme le pouvoir de détruire et la puissance de cette malédiction avait rongé à tout jamais l’espérance des peuples. Aussi ne fut-il pas bon être de ceux qui subissaient en ce temps là et l'Exil restait bien le dernier des espoirs pour ceux dont les terres étaient accablées de drames venus du ciel. Pour ceux dont le pays n'était encore mêlé à cette sombre guerre, l'on guettait aux radios les signaux stridents annonçant les nuages radioactifs qui traversaient l'air ; les bunkers étaient en fête, quelle mère eut voulu voir son enfant mourir ? Le monde était en péril.


Mais qui étaient-ils, ceux qui avaient orchestré ces crimes ? L'on avait pointé du doigt telle ou telle armée, mais à vrai dire, les conflits internes débutés depuis plus de mille ans n'ont jamais été révélés. Trop complexes qu'ils étaient, et risquant de prouver, s'ils étaient dévoilés, les magouilles et les ruses, les arrangements financiers qui s'étaient déjà tant de fois produits... Les hommes ont toujours été des bêtes dociles, lassés de guerre, mais qui n'attendent que peu de choses pour s'entre-tuer. Car si la mort engendre la désolation, l'humanité avait ce défaut d'avoir toujours assez d'espoir pour penser à un futur meilleur bien qu'inexistant, et cherchant partout, les responsables. L'homme a toujours aimé nommer les accusés et les pendre.

Officiellement, c'est en 2112 qu'a débuté ce que l'on appelait autrefois la Guerre des Brumes. Les deux puissances mondiales en vigueur en ce temps là, en profond désaccord sur des points essentiels à la bonne survie de l'espèce humaine n'avaient guère su faire preuve de suffisamment de patience pour éviter le conflit. Les enjeux financiers basés sur des échanges commerciaux internationaux avaient depuis longtemps basculé dans un désarroi complet où chacun tentait tirer son épingle du jeu à grands renforts de paiements sous la table ; ôtez une pierre de l'édifice, une seule et il s'effondre. Et sans parler des différends d'ordre politiques, religieux et autres, ainsi la cavalcade vers le plus grand nombre de morts possible avait-elle commencé. Ce n'était pas en soi une chose inacceptable. Peu de gens avaient réellement soutenus la guerre - souvent des hommes jeunes, qui ne connaissaient rien à son horreur. Mais peu aussi avaient pensé à la contrer ; après tout, il fallait bien trouver un moyen de se faire entendre. Bien que la guerre soit lancée, que son nom retentisse dans tous les journaux, le peuple, effrayé, préférait se leurrer.

Les multiples engins atomiques dispersés dans les océans et continents de ce monde ont alors laissé entendre leurs détonations. Un coup à droite, une réplique à gauche, l'on jouait à la bataille rangée en visant les capitales. Haussement de tons après quelques essais peu concluants ; l'on voulait attirer l'attention, être en vue, et ces deux forts beaux pays, ou tout du moins leurs dirigeants, s'indignaient chacun des agissements de l'autre, et pour sauver l'honneur, répliquaient en conséquence. Et la censure comme en tout temps de guerre, avait fait bonne œuvre, et l'on encensait partout les actions terribles de ceux qui portaient la culotte ; souffrez, disait-on, ils souffrent aussi ! L'honneur est sauf, que diable ! Les bombes avaient été lancées, puis beaucoup ont cru judicieux de goûter également aux joies de la chimie. Comme les progrès de la science avaient été utiles... Les nuages les plus torrides flétrissaient la peau et brûlaient les yeux, et le nez et la bouche ne pouvaient plus même trouver de quoi respirer dans ces brouillards marécageux. Les pluies contaminées devenaient acides rongeant chairs et vêtements. On retrouvait les morts au matin jonchant le pavé, désespérés, abattus en pleine course, résignés repliés sur eux-même, ayant vainement tenté protéger leurs têtes, victimes éplorées sans plus d'espoir. Et les hommes qui provoquaient ces choses se félicitaient de leurs grandes tours de verre et d'acier qui n'abritaient plus qu'eux.


Le monde a sombré, quatre ans plus tard, démuni, dépouillé, ravagé. La Chute, comme tous l'appellent aujourd'hui, la voici. Nourrie du sang des hommes, la Terre a pleuré ses morts. Les anciennes villes réduites au néant ont laissé entrevoir leur déchirement. Partout où l'on passait, le silence régnait. Un ciel lourd et sombre pesait sur ces lieux désolés, la guerre n'avait nullement apporté de vainqueur, tous étaient perdants. Les combats, au fil des ans, ont perdu en intensité, la vigueur des débuts n'y était plus. Les forces opposées, un beau jour, ont cessé les hostilités mais il était bien trop tard. Des peuples entiers ont péri, et nulle âme encore en vie aujourd'hui ne saurait oublier la teneur catastrophique de cet évènement mondial majeur. Il fut presque impossible suite à cela de se relever. Il y'avait pourtant des survivants et les premiers temps, ceux-là auraient bien préféré être morts. Tous porteurs du mal qui avait précédé, ils ont erré, trop longtemps, seuls et accablés. La race humaine en déclin, les pertes continuèrent. Les systèmes, tous effondrés engendrèrent un nouveau mode de vie uniquement basé sur le besoin de survivre. Des mois s'écoulèrent où la triste musique du vent accompagna la difficile relève de l'homme.

Et l'homme se releva, persuadé que les lendemains ne lui apporteraient plus que le meilleur et que le malheur plus jamais, ne frapperait à sa porte. Coupable, la peur au ventre, il se trouva bien vite trop occupé à penser la reconquête d'un monde qui, depuis ce qui semblait être des années, avait sombré. Un seul être, un beau jour, s'est élevé, formé aux idées du changement, du réveil. Tous ont cru en lui, et tous savent être ici aujourd'hui grâce à lui. Savez-vous comment ils l'ont l'appelé ? Le rédempteur. L'exaltation que les humains lui ont porté l'ont rendu supérieur à tous les souverains des temps passés et à ceux qui prétendaient encore à gouverner. Les religions que nous connaissions, épurées, se sont disloquées, laissant place à un culte nouveau: celui d'un homme qui a su, en ces temps troublés, ranimer les coeurs et exciter les ferveurs. Ses paroles ont trop rapidement su convaincre. Il parlait d'une ville qu'il dirigeait, d'un havre de paix, où beaucoup d'hommes s'étaient déjà rassemblés. Un lieu où il était possible de tout recommencer. Cet être étrange, ce messie, dont tous ignoraient, et ignorent encore, la nature a, dans sa grande bonté, accepté de sauver les derniers hommes peuplant ce monde, et de les mener vers cette cité salvatrice: Olide, perdue aux confins de l'ancienne Russie, régie par des créatures désavouées, sursaut d'espoir pour l'humanité, tes secrets, bien préservés, permettent aujourd'hui à tous de voir l'avenir, mais sous quelles conditions ?



Dernière édition par Factotum le Jeu 28 Fév - 14:38, édité 28 fois
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MessageSujet: Re: Au commencement.    Mer 13 Juin - 12:09



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2112 : Guerre des Brumes.

2116 : La Chute (fin de la Guerre des Brumes et constat des pertes humaines).

2119 : Fondation de la ville d'Olide.

2125 : Introduction de la race humaine dans la cité. ( des vampires rejoignent Olide dès sa fondation )
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