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 Le Haut Dirigeant

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Haut Dirigeant

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Localisation : Olide.
Emploi occupé : Haut-Dirigeant.

MessageSujet: Le Haut Dirigeant   Jeu 14 Juin - 6:30


    L'esprit de l'homme, hanté par ses rêves, demeure à jamais confus et flou, plongé dans l'hébétude ; il redoute, craint et se masque de sa mort perpétuellement imminente, et ces peurs là obscurcissent son esprit. Alors que le nôtre est clair comme le cristal ; chaque pensée se forme, prend vie et s'anime dans un ensemble souple qui garantit sa fluidité, sa formation pleine et complète ; aussi chaque idée, aussi sombre soit-elle à sa naissance, se modèle en un instant et travaille jusqu'à devenir claire, sans se perdre dans les méandres des peurs irrationnelles et des songes trop envieux. Ainsi notre réflexion est plus agile, rapide que les mortels ; car nous n'avons pas d'âme, et qu'ainsi, nous n'avons aucun rêve.

    C'est là le premier point et le plus important qui fait de nous des êtres supérieurs. Certains pensent que l'absence d'une âme est à même de nous démunir de cette humanité qui a pu nous habiter un jour ; je ne suis guère de cet avis. L'absence d'humanité induit la liberté pleine et totale, la maîtrise parfaite de nos mouvements, de notre pensée. Car c'est l'humanité qui donne aux humains leur conscience. Dénués de cette chose, le bien et le mal alors perdent tout intérêt et il ne reste de cet équilibre effondré que ce qui se dresse devant nous ; tout nous est offert, et il n'y a qu'à prendre, sans avoir à se soucier des conséquences. La conscience appelle l'ordre car elle prépare perpétuellement l'avenir et nous autres sommes un brillant chaos, régis seul par notre présent.

    Mais tout chaos, quel qu'il soit, se doit d'être mis sous contrôle. En cela, survient une différence nouvelle avec l'humain. La philosophie de notre espèce s'apparente à la liberté d'un berger ; il n'a besoin, pour aller et venir où bon lui semble que de ses pieds et de son troupeau. Mais le troupeau en lui-même alors impose des conditions pour survivre et ainsi, combler les nécessités du berger qui le guide. Tous deux ont besoin l'un de l'autre. Cet exemple nous montre comme il faut prendre soin de notre liberté ; si nous ne prenons pas soin de l'humanité, nous perdons notre possibilité de vivre selon nos désirs, et nous devenons alors aussi sots que les bêtes du troupeau, qui peu conscientes de combien le berger les protège, vont se perdre par tous les chemins.

    Ainsi faut-il apprendre à ne pas nous laisser dominer par notre nature chaotique. Cela ne doit pas, en revanche, nous conduire à ressentir de la compassion, car elle est trop humaine, trop pourvue de conscience ; quel berger prendrait en pitié ses agneaux quand il meurt de faim ? Nous devons prendre la pleine mesure de notre rôle de protecteurs, car nous sommes des guides, lumières dans l'obscurité de la mortalité. Un juste équilibre doit se créer entre eux et notre race. L'homme qui ne défend pas son pain est un sot ; il en va de même pour nous.

    L'humanité jusque là n'avait jamais commis de fautes assez importantes pour qu'il y ait besoin d'instaurer un tel encadrement. Si les bêtes sont nombreuses et que le danger n'est pas, nul besoin de songer à un pareil rassemblement de têtes. Mais leurs rêves et leurs peurs leurs ont donnés la capacité sotte de chercher à s'éviter la mort, en entraînant celle de leur voisin. Ils sont des enfants ; nous n'avions guère besoin de nous inquiéter jusqu'alors. Mais suite à ces combats où nous, spectateurs passifs, avons tout de même perdus bien des membres, il est apparu que le troupeau avait réduit ; devenus brebis galeuses et errantes, l'humanité s'effrayait de ses actes comme elle seule aurait pu le faire, se plaçant ainsi même plus bas que l'animal qui lui au moins, a le mérite de ne pas regretter ses activités. C'est suite à cette réflexion sur le troupeau égaré que j'ai pris la décision de mettre en place un lieu sûr pour conserver mes bêtes dans une bergerie où, pullulant paisiblement, elles nous permettraient de réinventer un juste équilibre entre notre race et la leur. Nous avons toujours été les ombres de ce monde, malgré notre condition supérieure. Il se devait qu'enfin, nous reprenions notre juste place en lumière. Olide, ma chère et tendre, tu accueilleras en ton sein la laideur de ces hommes, sans jamais ne rien perdre de ta beauté.
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